Concertation :
McDonald's ramasse les bonnes idées !

Pour traiter la question des déchets abandonnés, McDonald's France engage un processus de concertation avec tous les acteurs concernés.

Comme les processus d'information, de consultation ou de négociation, la concertation est l’une des méthodes relevant de la démocratie participative et du débat public. Elle est utilisée pour traiter des problématiques complexes dans lesquelles plusieurs types d'acteurs sont en jeu, avec des enjeux et des intérêts différents. Les processus de concertation permettent donc de mettre en débat les points de vue pour construire, à un moment donné, les meilleurs scénarios de solutions possibles entre les parties.

 

Complexité

Le problème est difficile. « Il concerne en premier lieu les clients, qui abandonnent des déchets sur la voie publique », commente Sophie Marcilly, habitante de Dijon ayant participé à la démarche. Il concerne aussi de nombreux autres acteurs : restaurants proposant des repas en vente à emporter, services de collectivités locales chargés de la propreté, fabricants d’emballages, organismes spécialisés, associations, etc. « Un des intérêts de la concertation est de faire prendre conscience aux acteurs que la situation que l’on vit actuellement est la résultante de la complexité de la problématique », souligne Benjamin Cléry, chef de produits Marketing chez McDonald’s France. En outre, aucune solution technique seule ne permettrait de bien régler le problème car tout progrès sera nécessairement de nature sociotechnique, c’est-à-dire faisant interagir des éléments techniques, mais aussi commerciaux et d’évolution des comportements des clients. Cet ensemble de facteurs relève bien des processus de concertation. « Nous avons engagé cette démarche car il était nécessaire de nous enrichir des apports des différents acteurs pour mieux définir la problématique, affiner le diagnostic et faire émerger des solutions opérationnelles répondant au défi posé », explique Éric Gravier, vice-président Relations extérieures et développement durable McDonlad’s France. Chargé d’étude au département Développement durable de  l’Association  des  Maires  de  France,  Grégory  Mascarau  approuve : « Comme toutes les questions environnementales, la problématique des déchets abandonnés mêle un ensemble d’acteurs aux responsabilités partagées. »

 

Parties prenantes

Engagée en décembre 2006 avec le soutien du ministère de l’Ecologie et du Développement durable, la démarche fédère tous les acteurs concernés, « qu’il s’agisse de celui qui fabrique l’emballage, de celui qui l’émet, de celui qui le jette, de celui qui le trouve ou de celui qui le traite », détaille Samuel Mathez, directeur d’exploitation McDonald’s à Dijon. Dix-huit consommateurs représentatifs de la clientèle de McDonald’s et des comportements visés participent. Côté institutions, des acteurs de natures différentes apportent leur concours : collectivités locales (municipalités de Dijon et d'Albert, Communauté d’agglomération du Grand Dijon, Communauté de communes du Pays du Coquelicot), Association des Maires de France, Ademe Bourgogne et Picardie, Eco-Emballages, Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FDSEA) de la Somme, un industriel agroalimentaire (Bonduelle), un fabricant de poubelles (Plastic Omnium Systèmes Urbains) et des associations concernées par la problématique (Nature et Progrès Côte-d'Or, sociétés de chasse et de pêche, club de cyclotourisme à Albert). Des équipes McDonald's, tant du siège que des restaurants, s'impliquent également (départements Environnement, Marketing, Opérations et Achats du siège ; restaurants de Dijon et Albert : franchisé, directeurs d'exploitation et de restaurants, chargés de clientèle et de communication, équipiers, chargés de propreté) ainsi que le fournisseur (Perseco) et un fabricant (CEER Schisler) d’emballages de McDonald's. « Nous sommes très satisfaits d’être associés à cette démarche car notre intérêt est de comprendre les obligations de notre client », assure David Schisler, président du directoire de CEER Schisler. Enfin, un psychologue social spécialiste des sciences du comportement apporte son expertise.

 

Dijon et Albert, sites pilotes

Pour conduire les différentes phases, McDonald's retient deux villes dans lesquelles franchisés et équipes sont particulièrement impliqués en matière environnementale : Dijon (Côte-d’Or) et Albert (Somme). Avec ses 250 000 habitants, Dijon est une ville offrant sept restaurants de différents types, situés en centre-ville, centre commercial, zones résidentielles et périphériques ; elle rencontre tous les problèmes liés aux déchets en milieu urbain. La ville d'Albert, quant à elle, compte 11 000 habitants et un seul restaurant. Des nuisances spécifiques à la ruralité du territoire s'y expriment, comme les déchets abandonnés dans les champs agricoles environnant la ville.

 

PHASE 1 : CONSULTATION

En décembre 2006 et janvier 2007, trente clients de McDonald's et cinq personnes représentatives des publics subissant les nuisances (chasseurs, pêcheurs, randonneurs, agriculteurs et industriels agroalimentaires) sont interviewés individuellement. Les apports de cette phase permettent de comprendre les interactions entre le comportement d'abandon de déchets par les clients et l'action des autres acteurs de la concertation. Si ces entretiens ne permettent pas de dire qu'il existe un "jeteur type", une image de celui-ci est en revanche répandue : les jeunes garçons. Les raisons invoquées au comportement incriminé sont très diverses : manque de présence et formats inadaptés des poubelles publiques, excès d'emballages une fois le repas achevé, format des emballages peu pratiques à jeter, importance de l'esthétique du lieu où l'on se trouve et du regard des autres, différence entre comportements individuels et de groupe, manque de civisme et facilité à se débarrasser d'une gêne.

Quant aux nuisances vécues, elles sont essentiellement visuelles. Elles impactent des riverains de restaurants et des personnes pratiquant des loisirs proches de la nature (marches et randonnées, chasse, pêche). Elles constituent aussi une charge financière pour les collectivités chargées de les collecter et de les traiter. « Clairement identifiés, les emballages abandonnés nuisent aussi à l’image de notre entreprise », déplore David Baros, responsable opérationnel chez McDonald’s Dijon.

Certaines productions agricoles peuvent également être compromises si elles sont souillées par des déchets. « Pour répondre  au  cahier  des  charges  des  industriels agroalimentaires, certains  agriculteurs  doivent  laisser  incultivées  une  partie  des  terres  à  proximité  des  axes  routiers  », regrette Gabriel Vaudray, agriculteur et président de l’association Nature et Progrès Côte-d’Or.

 

PHASE 2 : CONCERTATION

Trois séances de concertation d'une journée sont conduites de février à juin 2007 : deux à Dijon et une à Albert. La technique de débat choisie est celle de l'évaluation interactive : les groupes se réunissent plusieurs fois au cours des séances. Tous — experts, institutions et clients — sont mis en présence de manière à prendre en compte leurs contraintes et systèmes de valeurs individuels. Les interactions au sein du groupe permettent ainsi de débattre et d’explorer les options envisageables. « Grâce à cette confrontation socio-cognitive, on arrive à formuler des idées qui vont au-delà des simples remarques. C’est justement grâce aux idées des différents acteurs que l’on parvient à des consensus à partir desquels on élabore des solutions », explique Fabien Girandola, psychologue social à l’université de Bourgogne.

Une attention toute particulière est portée à l'accueil des participants. « Comme la qualité de l'animation, cela  a  contribué  à  un  travail  très  constructif et productif », commente Benjamin Cléry. « J'ai été impressionnée par la diversité des profils et par les moyens mis en œuvre pour traiter le sujet », poursuit Marie-Pierre Aït-Benider, manager Opérations nationales chez McDonald's France. « Il y avait toujours quelqu'un pour répondre à nos questions », apprécie Sébastien Goux, agent chez PropVert, prestataire chargé de la propreté des restaurants de Dijon et leurs alentours.

 

PREMIERS RÉSULTATS

Alors que — pour de nombreux autres sujets — il est souvent difficile de parvenir à un compromis sur la problématique de travail, celle des déchets abandonnés est vite claire et ne révèle pas d'affrontement de logiques entre les parties engagées. Elle peut s'exprimer de la façon suivante : la chaîne complète est en cause car « l’emballage abandonné n'est que le geste final : avant cela, interviennent le circuit de fabrication, la matière première de l’emballage, la façon dont il est distribué et géré », rappelle Jean- Louis Maffre, franchisé à Albert. Le geste d'abandon relève de la facilité à se séparer rapidement d'un déchet qui aujourd'hui n'a pas de valeur, un comportement qui évolue selon le contexte, la propreté et l'esthétique du lieu dans lequel on se trouve.

En  matière  de  solutions,  le  groupe  propose  68  pistes. 
« Il n’existe pas de solution miracle ; plusieurs doivent être mises en œuvre pour résoudre le problème », affirme Christophe Buisset, président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) de la Somme. « Nous étudions actuellement les nombreuses pistes proposées dans l'objectif de sélectionner les plus pertinentes pour les tester en restaurant, puis prendre la meilleure décision », conclut Delphine Smagghe, manager Environnement et Développement durable McDonald’s France.

 

Cet article est extrait de l'EcoJournal de McDonald's France, édition 2007

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