Méthanisation,
l’énergie d’un territoire

En novembre 2011, un site de méthanisation a vu le jour à Ribeauvillé, dans le Haut-Rhin, grâce à un groupement d’agriculteurs. Une solution durable pour valoriser les déchets organiques qui repose sur des partenariats locaux avec, entre autres les restaurants McDonald’s.

Les premiers contacts entre Philippe Meinrad, l’un des agriculteurs associés au projet et Terry McEvoy, franchisé à Mulhouse, ont eu lieu en 2009. « Nous étions en phase », raconte Philippe Meinrad. « Le réseau Agrivalor cherchait des points de collecte pour ses cinq plate-formes de compostage et McDonald’s des débouchés pour ses déchets. » Une expérimentation, concluante, est mise en place sur le restaurant de Cernay. La collecte est étendue à dix restaurants de Guebwiller et Mulhouse fin 2010, avec le concours d’un second franchisé, Rolland Texido. « Je m’attendais à une certaine résistance de la part du personnel », témoigne Terry McEvoy. « Bien au contraire, nos équipiers et nos managers ont vraiment joué le jeu et participent avec beaucoup de sérieux. Nous récupérons toutes les pertes alimentaires de la cuisine. » Parallèlement, le projet de méthanisation avance avec trois des six agriculteurs du réseau.

 

De nombreux atouts

La méthanisation est un procédé naturel de transformation de la matière organique par des bactéries en l’absence d'oxygène. « Les déchets sont digérés dans de grandes cuves de béton, un peu comme un estomac géant », explique Philippe Meinrad. « Cette digestion produit du biogaz, qui alimente un moteur de cogénération. Celui-ci fournit de l’électricité réinjectée dans le réseau EDF. » Le circuit de refroidissement du moteur produit de l’eau chaude qui alimente plusieurs circuits : ils chaufferont un hôtel voisin et son centre de balnéoludisme, la ferme de l’un des associés et l’installation elle-même. Enfin le produit issu de la transformation, le digestat, est réutilisé sur les parcelles agricoles en remplacement des engrais chimiques. La capacité de traitement du site est aujourd’hui de 28 000 tonnes de déchets entrants par an. Ils proviennent d’agriculteurs et de viticulteurs, des collectivités locales (cantines scolaires, hôpitaux, maisons de retraite...), des industries agroalimentaires, de la grande distribution et de la restauration. « Les restaurants McDonald’s représentent à peu près 10 % de notre collecte, mais il y a encore du potentiel de développement, 5 à 6 000 tonnes par an dans nos prévisions », poursuit Philippe Meinrad.

 

Optimiser la collecte

L’objectif à terme est de faire participer tous les restaurants de la région Alsace, objectif favorisé par la situation centrale des sites de compostage et de méthanisation. « En multipliant les points de collecte, on réalisera les économies d’échelle qui rendront l’opération gagnante à tous les niveaux », souligne Terry McEvoy. « Je suis allé rencontrer les municipalités et d’autres acteurs avec Philippe Meinrad pour chercher de nouveaux débouchés. » Ce dernier confirme : « Traiter les déchets par la méthanisation coûte moins cher que l’incinération ou l’enfouissement. Le surcoût provient de la collecte, mais beaucoup de gens sont maintenant convaincus que la méthanisation est une voie royale pour traiter les déchets et produire de l’énergie au niveau d’un territoire. Nous serons rapidement compétitifs. »

 

Cet article est extrait du Journal du Développement Durable de McDonald's France, édition 2011

 

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