Quand l’eau
tombe du ciel

Arrosage, nettoyage des terrasses, chasses d'eau, certains usages ne nécessitent pas l'utilisation d'une eau potable. Fort de ce constat, McDonald's teste les récupérateurs d'eau de pluie.

Les ressources en eau sont variables d'un territoire à l'autre. Une fois dégradées par les activités humaines, elles peuvent devenir impropres à toute consommation. Pour anticiper ces risques, les habitudes de consommation d'eau doivent évoluer, en sollicitant moins et mieux cette ressource vitale.

Pour être propre à la consommation humaine, l’eau est rendue potable par des processus de traitement consommateurs d’énergie. Dans les restaurants McDonald’s, elle est utilisée dans les cuisines, les sanitaires et l'entretien des espaces extérieurs. Partant du principe que ces deux derniers besoins ne nécessitent pas une eau potable, l'enseigne profite en 2006 de l’ouverture de deux nouveaux restaurants à Avrainville (Essonne) et Wasquehal (Nord) pour tester la récupération d’eau de pluie. Si cette initiative est autorisée par les administrations compétentes locales, son déploiement dans d'autres régions dépend de la clarification de la réglementation française en la matière.

 

Fonctionnement

Le principe est simple : les eaux de pluie tombées sur les 400 mètres carrés de toiture des restaurants n'étant pas souillées par des matières polluantes, elles sont collectées puis stockées dans des cuves enterrées avant d'être utilisées. Pour une efficacité optimisée, l'installation est dimensionnée en fonction de deux principaux paramètres : d'une part, la pluviométrie locale, étudiée annuellement et mensuellement ; d'autre part, les usages de l'eau récupérée. « L'idée est d'utiliser l’eau de pluie pour le nettoyage des voiries et terrasses, mais aussi l'alimentation des chasses d’eau », précise Frédéric Hévin, manager Construction de McDonald’s France. Ces critères ont conduit à définir la même contenance pour les collecteurs des deux sites en test : « Chaque cuve a une capacité de 15 mètres cubes. Elle permet de collecter environ 250 000 litres d'eau par an », poursuit Frédéric Hévin. C'est ce même dimensionnement qui peut faire varier le coût de l’installation. Une fois évalué, celui-ci est comparé au temps de retour sur investissement, au cas par cas, afin de juger de la pertinence d'un tel équipement dans les sites envisagés.

 

Usages

Franchisé à Avrainville, Frédéric Mérian utilise l'eau de pluie pour alimenter les toilettes du personnel et des clients de son restaurant. Il mesure déjà les économies d’eau qu’il va pouvoir réaliser : « Une chasse d’eau a une capacité d'environ six litres. Presque tous les clients – et ils sont plusieurs centaines par jour – vont aux toilettes ! À une époque où les ressources se raréfient, cet équipement prend tout son sens. »

Lorsque l'eau de pluie est excédentaire par rapport aux besoins des restaurants, elle est injectée dans le sol pour alimenter des nappes d'eau. Pour réaliser ce défi, il fallait créer une surface perméable, car l'urbanisation croissante empêche la nature de jouer seule son rôle. « La nouvelle loi sur l’eau introduit un concept de compensation des surfaces imperméabilisées, qui captent des quantités d'eau importantes pouvant engorger les réseaux d'assainissement et même provoquer des inondations », commente Frédéric Hévin. En 2006, la Direction départementale de l'équipement de l'Essonne fixe un principe d'infiltration des eaux de pluie de voirie à travers les surfaces d'espaces verts disponibles. McDonald's aménage alors un bassin dans lequel des matériaux filtrants et des plantes permettent à l’eau de retourner au sol à son rythme. « Le procédé que nous utilisons permet à l'eau de retrouver son espace universel, la terre », poursuit Frédéric Hévin.

 

Perspectives

Le déploiement de la démarche pourrait être envisagé pour les nouveaux restaurants situés dans des zones où la pluviométrie est adaptée. Toutefois, cet axe de progrès reste aujourd'hui conditionné par l'éclaircissement de la réglementation française en matière d'alimentation des sanitaires par des eaux pluviales. Aujourd'hui contradictoire, celle-ci conduit certaines directions départementales des affaires sanitaires et sociales à autoriser le procédé, et d'autres à le refuser. « Nous attendons avec impatience une réglementation qui fixe les modalités exactes d'utilisation des eaux pluviales récupérées. Cela nous permettrait de couvrir jusqu'à 50 % des besoins de nombreux restaurants », conclut Frédéric Hévin.

 

Cet article est extrait de l'EcoJournal de McDonald's France, édition 2007

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